Plus de 20 ans de lutte en faveur des femmes

En 1987, un groupe de jeunes femmes de différentes nationalités décidait de créer la Voix des Femmes. Pour la plupart issues de l’immigration marocaine, turque, italienne, les fondatrices voulaient par le biais de l’association, faire profiter les jeunes filles et les femmes de leur compétence professionnelle et de leur expérience de vie. Elles estimaient par ailleurs qu’il y avait dans les organisations travaillant avec les immigrés un manque de représentation des femmes immigrées et que les activités qui leur étaient offertes (ex. cuisine ou couture) ne correspondaient pas à l’objectif d’émancipation. En créant la Voix des Femmes, ces jeunes femmes ont choisi de se représenter elles-mêmes, de décider par elles-mêmes de leurs activités et d’encourager d’autres femmes à changer leur attitude de dépendance.

Progressivement, la Voix des Femmes est devenu un espace de parole, de réflexion et d’échange, un lieu où les jeunes filles et les femmes pouvaient parler d’elles, de leurs situations et où elles pouvaient réfléchir à des solutions adaptées à leurs réalités. L’idée étant qu’il fallait encourager les jeunes filles et les femmes à se prendre en charge elles-mêmes et à devenir actrices de leur vie. La non-mixité s’est imposée naturellement : d’une part pour permettre la présence des jeunes filles ne pouvant pas fréquenter les lieux mixtes, d’autre part pour permettre à toutes de s’exprimer librement, l’absence de participants masculins pouvant favoriser la prise de position et l’affirmation des femmes.

Le soutien aux études des jeunes filles ainsi que des activités répondant à leurs attentes se sont rapidement développées. Les femmes de leur côté ont bénéficié des cours d’alphabétisation et de français ainsi que d’un service social qui répondait à leurs différentes demandes d’information ou de soutien : répudiation, divorce, droits sociaux, logement, santé etc.

Parallèlement à ces activités, la Voix des Femmes, consciente que la situation de la femme immigrée ne peut évoluer tant que celle-ci n’obtiendra pas son intégration politique, économique et sociale, s’engage dans la lutte pour l’égalité des droits des femmes, elle revendique le droit de vote et d’éligibilité de tous les citoyens, dénonce les discriminations dont sont victimes les femmes immigrées et de manière plus générale l’oppression patriarcale dont sont victimes toutes les femmes.

Nos objectifs

Ces dernières années ont été marquées par une volonté de renouveau et de redynamisation de l’association. Tout en poursuivant les actions s’inscrivant dans le cadre de la cohésion sociale (cours d’alphabétisation, cours de français, école des devoirs, service social), nous nous sommes efforcées d’apporter plus de cohérence à nos activités d’éducation permanente qui s’articulent autour de trois thématiques : Femmes et droits, Femmes et interculturalité et Femmes et politique(s) afin qu’elles soient plus en adéquation avec les objectifs de l’association qui sont :

  • de favoriser la prise de conscience, la responsabilisation et la connaissance critique des réalités sociales chez la femme ;
  • de promouvoir l’égalité des droits et des chances de chaque individu et de combattre toute forme de discrimination et de violence à l’encontre des femmes ;
  • d’œuvrer au renforcement du pouvoir d’action de toutes les femmes dans leur diversité et à leur participation active dans la société ;
  • de suivre et d’intervenir dans les politiques qui ont un impact sur la vie des femmes et en particulier les politiques d’immigration, d’intégration et d’égalité des chances et d’assurer un dialogue suivi avec les différents acteurs sociaux et parties prenantes ;
  • d’être un lieu de d’accueil, de soutien, d’information et de formation ainsi que de rencontres, d’échanges et de réflexions entre des femmes de générations et de cultures différentes ;
  • de contribuer à une meilleure compréhension des réalités sociales vécues par son public en favorisant la sensibilisation, l’analyse et la recherche.
L’avenir

De par le nombre et la diversité du public qu’elle accueille, La Voix des Femmes constitue un observatoire privilégié des différentes problématiques liées aux femmes migrantes ou issues de l’immigration. Nous nous devons de rendre compte de ces problématiques et de les relayer à l’extérieur par un travail de plaidoyer et d’interpellation soutenus.

Le Livre Blanc de la Femme Migrante met en avant les domaines d’action prioritaires pour le futur en vue de favoriser l’amélioration des conditions de vie des femmes et leur garantir une meilleure jouissance de leurs droits fondamentaux. Il constitue le fil rouge de notre travail et de nos réflexions.

Enfin, le renforcement des liens avec des associations de femmes et la création de partenariats visant à donner plus de visibilité aux femmes migrantes ou issues de l’immigration est une autre des priorités qui nous tient à cœur.

La Coordination Bruxelloise de la Marche Mondiale des femmes, dont nous assurons pour le moment le secrétariat ou le Réseau Mariage et Migration au sein duquel La Voix des Femmes assure une présence active sont certaines des initiatives qui nous permettent de relayer les réalités vécues par les femmes de notre public.


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