« Je trouve de la force dans mes rêves  » : l’histoire de Taís, originaire du Brésil

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Je m’appelle Taís et je suis originaire du Brésil. J’ai quitté le Brésil pour deux raisons principales : la situation économique tout d’abord qui est catastrophique, et ensuite pour les possibilités de formation que la Belgique offre, que ce soit les cours de langues ou les cours pour devenir masseuse. Malheureusement, comme je n’ai pas encore de papiers je n’ai pas pu m’inscrire à ce genre de formation.

J’aime vivre en Belgique essentiellement pour les contacts avec les autres nationalités et cultures à Bruxelles. C’est une ville très riche culturellement. Avant j’habitais du côté d’Anderlecht, dans un quartier un peu plus animé et bruyant. Maintenant j’habite dans un autre quartier, plus calme et près d’un grand parc. Je m’y sens très bien.

Je rencontre beaucoup de problèmes comme je n’ai pas de papiers. Le principal est que je ne peux pas travailler légalement. Comme j’ai déjà dit, je ne peux pas encore m’inscrire dans une école pour suivre une formation. Je n’ai pas non plus de mutuelle mais je peux utiliser la carte européenne d’assurance maladie pour les cas d’urgence car j’ai déjà des papiers du Portugal. Pour le moment je ne peux pas encore demander ma régularisation en Belgique, car si je le fais, je risque de perdre ceux du Portugal, sans certitude que ma régularisation soit acceptée en Belgique ! Et je ne veux pas vivre au Portugal non plus, la situation n’est pas facile là-bas. Le coût de la vie est beaucoup trop cher par rapport au salaire. Si vous gagnez 635 euros de salaire, votre loyer est de 500 euros. Comment faire pour vivre avec 135 euros par mois?

Le Brésil me manque beaucoup. Tout comme mes amis, le climat, le soleil et la plage. Ma famille aussi me manque. Ma mère est décédée, mais toute ma famille est restée là-bas. Mon père, ma sœur, mes tantes, mes oncles et mon grand-père. Il a 92 ans et est toujours en grande forme.  Mais je sais pourquoi je suis en Belgique. Je veux apprendre correctement le français, attendre ma régularisation pour suivre une formation de masseuse et trouver un vrai travail. Je trouve de la force dans mes rêves. Je veux devenir maman. Je m’organise pour l’être un jour, lorsque ma situation sera régularisée.

Je sens que j’ai beaucoup à donner. Je suis sensible, j’aime la musique. Je viens de commencer à apprendre à jouer de la flûte. J’aime aussi venir en aide aux personnes démunies. Au Brésil j’aidais les personnes sans-abris et je suis actuellement en discussion pour devenir bénévole dans deux associations bruxelloises. L’une offre des repas à des sans-abris à Saint-Gilles, l’autre, sur Anderlecht, vient en aide aux personnes défavorisées pour leur apporter des soins (coiffure, massage, esthétisme) et des groupes de discussions avec des femmes victimes de violences.

Je crois en dieu, et je pense que ma force vient de Lui et des personnes qui m’accueillent et qui me portent. C’est le cas de mes amis. Ils m’aident à affronter des difficultés. Je suis reconnaissante vis-à-vis d’eux.

Je suis une personne qui lutte pour atteindre mes objectifs. Je ne pense pas à abandonner. Les mots qui me définissent sont résilience et courage. J’aime sourire, faire des câlins, j’aime faire des bonnes choses pour les gens, je cherche à faire de mon mieux en permanence. Je reste toujours positive, peu importe les circonstances.